Jean-Pierre Mispelon: "Le temps s’immobilise, comme le chantait Brel à propos des îles Marquises."

Jean-Pierre Mispelon: "Le temps s’immobilise, comme le chantait Brel à propos des îles Marquises."


Jean-Pierre Mispelon est architecte de formation et urbaniste de profession, il a intégré le Conseil de développement après avoir oeuvré dans son conseil de quartier ou dans des associations d'habitants

Impliqué dans le monde professionnel depuis l’enfance auprès de parents artisans-commerçants, salarié pendant les études, père de famille à 20 ans avec un ainé handicapé, impliqué dans nombre d’organisations avec des fonctions de gérance ou de présidence, je n’avais jamais jusqu’à ce confinement, eu l’occasion d’appuyer sur la touche « pause ». Et je souligne cet aspect, parce qu’il me semble que dans l’activisme ambiant, cette dimension, celle des vertus de la pause, est peu présente. Et qu’en tout état de cause, on en précise insuffisamment les aspects positifs.

Même si j’ai bien conscience que cette pause est relative pour beaucoup, et inexistante pour tous ceux à qui on doit d’être soignés ou nourris. Il me semble néanmoins que ce relâchement de la pression qu’impose ordinairement à l’ensemble de la population, une économie débridée, a de nombreux aspects positifs. A commencer par le recentrement sur les activités et les fournitures essentielles. Mais aussi dans le mental de chaque individu.

Je ne sais si le monde d’après sera le même. Mais une chose est sûre, c’est qu’en sortant de chez nous le 11 mai, nous aurons changé.

Impossible de rendre visite aux divers membres de la famille en établissement ou de les accueillir pour le week-end, d’animer des réunions, de travailler sur les chantiers, … le temps se dilate.

Je n’avais pas envie de remplir ce vide à tout prix, en allant aux fraises par exemple. Si j’avais eu des sollicitations particulières j’y aurais répondu. Et puis, mon épouse travaillant dans un établissement pour personnes âgées, elle angoisse à l’idée d’y importer le covid. Aussi, mets-je un point d’honneur à éviter les sorties.

Télétravail par-ci, réparation de toiture par-là, et longues conversations au téléphone avec les uns et les autres.

Le temps s’immobilise, comme le chantait Brel à propos des îles Marquises.

Parole à