Béatrice Auxent: Quel rapport au temps quand mon rapport à l’espace se concentre en un seul lieu ?

Béatrice Auxent: Quel rapport au temps quand mon rapport à l’espace se concentre en un seul lieu ?


Béatrice Auxent est membre du Conseil de développement depuis 2014, ses centres d'intérêts: l'architecture, l'urbanisme, l'environnement, le développement durable et l'éducation à l'environnement.Elle accompagne des démarches éducatives et participatives et participe à la mise en réseau d'acteurs pour une intelligence collective des projets, parmi lesquels "les fenêtres qui parlent" ou les rencontres "casse-croûte" qui permettent de découvrir des initiatives sur et hors du territoire métropolitain. 

"Je suis architecte et travaille dans le conseil, la formation et la sensibilisation à la qualité du cadre de vie. Je suis aussi présidente d’associations qui ont des objets complémentaires en termes d’engagement personnel : la mise en valeur de mon quartier classé ville renouvelée, la participation citoyenne dans la vie culturelle métropolitaine, un réseau d’acteur pour l’éducation à l’environnement urbain à l’échelle régionale, le soutien aux projets universitaires ayant notamment comme objectif la rénovation énergétique des maisons 1930…

Gain ou perte de temps ? Mes réflexions évoluent au fil de ce confinement à rallonge. Au début, on pense avoir du temps devant soi, on prend du temps pour une lecture, une tâche de ménage en retard… On a même peur de s’ennuyer dans ce temps allongé. Mais très vite, on doit mettre en place de nouveaux modes de travail (explorer les applications de vidéo conférence compatibles avec nos partenaires, rythmes à recaler…) et mécanismes de penser le travail (transformer une formation présentielle en formation numérique, conseiller à distance…).

Les réunions en visioconférence font gagner les temps de déplacement mais demandent d’autres préparations pour permettre le travail collectif non présentiel. Tout à coup le temps se rétrécit… On a même peur de manquer de temps.

Via les newsletters et canaux d’information, on est à l’écoute de signaux du monde qui nous parlent de l’après et d’une possible voire nécessaire accélération des transformations économiques, sociales et environnementales de nos sociétés. Va t’on gagner du temps grâce à ce virus ?

On aimerait participer de cet-après qui pourrait transformer durablement nos modes de vie. La tâche est tout de même immense. Aurais-je le temps ?

Parole à