Elisabeth Cailleteau: « S’IL VEUT GUERIR, L’HOMME DOIT D’ABORD SOIGNER LA TERRE »

Elisabeth Cailleteau: « S’IL VEUT GUERIR, L’HOMME DOIT D’ABORD SOIGNER LA TERRE »


Environnementaliste, consultante en transition socio-écologique et déléguée régionale France Lyme, Elisabeth Cailleteau a intégré le Conseil de développement en 2018. Dans le cadre de l’atelier « La Mel en transition vers la résilience », elle co-anime aux côtés de Damien Prouvost, le volet MOBILITE « Révision du PDU 2020-2030 ».

 

Comment vivez-vous cette période de confinement ? :

Plutôt aguerrie, pour l’avoir anticipée avec mon fils, dès février. Suspectés Covid, en période d’errance diagnostique, la seule prescription (hors lavage de mains ou le 15…) fut l’auto-isolement. Nous l’avons rigoureusement respecté pour protéger notre entourage. Mes pensées vont vers ceux qui luttent contre la maladie, ceux qui ont perdu des êtres chers et les soignants qui travaillent sans relâche, pour sauver des vies.

Ce qui a changé ?:

Rompue au télétravail depuis 3 ans, la crise a peu modifié l’organisation de mes journées, le plus dur étant d’être privée de marche quotidienne en milieu naturel et de réussir à fermer le PC le soir !

Ce que m’inspire la période de confinement ?

« LE » point de bascule … L’économie mondiale est au point mort et l’environnementaliste que je suis, apprécie pleinement chaque instant, comme un cadeau inespéré, de la Terre à la Nature, un répit éphémère et salutaire, offert au monde animal et végétal (photo : cerfs dans la banlieue de Londres).

L’après-Covid ?

L’improbable dichotomie : coexister avec la nature ou achever sa destruction ?

1. On repart comme avant, «Business As Usual» : on relance le culte du tout-marché et ses pratiques mortifères… Non sans avoir réanimé la filière « Masques » : anti-pollutions diverses, particules fines et ultrafines, gaz et vapeurs toxiques, pesticides, virus et bactéries (les zoonoses telles que covid-19 étant liées aux pressions humaines sur les écosystèmes, le risque épidémique est favorisé)

2. On prend un nouveau départ, « Le jour d’Après » : on quitte la civilisation thermo-industrielle, pour entrer dans l’ère post carbone et on privilégie la santé humaine, en faisant de l’environnement une priorité et du changement climatique une urgence. Une évidence : « S’il veut guérir, l’homme doit d’abord soigner la Terre »

L’impact sur l’atelier « MOBILITE-DEPLACEMENTS » ? :

Un cortège de certitudes ébranlées… Une page blanche.  De l’hypermobilité à la Dé-mobilité, du transport collectif à l’individuel, la crise change la donne. La promiscuité des transports en commun devient incompatible avec la sécurité sanitaire : Train, bus, métro, tram, sont sur la voie de garage jusqu’à la levée du risque… covoiturage, autopartage, sur le bas-côté… Télétravail et vélo gagnants. Repenser la mobilité sans partage, en évitant le report massif sur la voiture… une mise en perspective du débat qui s’annonce passionnante !

Parole à