Stéphanie Lamarche-Palmier: changer de regard

Stéphanie Lamarche-Palmier: changer de regard


Stéphanie Lamarche Palmier habite Roubaix et travaille à Lille. Concernée, Sensible aux questions de développement durable, elle est particulièrement investi dans la lutte contre le mal-logement et l’économie circulaire. Elle participe actuellement à l’atelier sur la mobilité.

 

Cette étape inattendue du confinement arrive à la suite d’une période déstabilisante pour moi. Je me préparais à des changements depuis presque 3 mois, et comme beaucoup, j’ai dû faire avec les décalages, l’incertitude ou l’annulation. Le non prévisible est venu bouleverser le quotidien.

Je poursuis pour quelques semaines mon activité pour la fondation abbé Pierre en télétravail et j’ai pris des congés pour continuer d’accompagner 6 étudiants en aménagement durable ou en architecture dans la rédaction, confinée, de leur mémoire de fin d’études.

La fondation abbé Pierre a mis en place des aides d’urgence et j’ai relayé l’offre d’Emmaüs Connect pour doter certains grands exclus de connexion téléphone ou internet. Je poursuis aussi quelques activités bénévoles en visio-conférence ou par mail. Depuis le début du confinement j’alimente une chronique sur FB et je participe à quelques défis.

Mes journées ne sont plus les mêmes et j’ai besoin d’être en lien avec les autres. Après quelques semaines, je trouve que notre perception de la réalité s’est modifiée. Il y a des effets sur notre rapport au temps et aux autres , à nous-mêmes aussi. La reconnaissance des inégalités ou des fragilités est plus forte.

En quelques semaines, nombre d’entre nous se sont engagés pour apporter leur aide bénévole, nous avons pris conscience de l’importance de certaines choses qu’on pensait banales. La santé ou l’alimentation sont redevenus des enjeux prioritaires. De facto, nous questionnons le modèle de développement de notre société et reconnaissons que certains choix n’étaient pas les bons au regard de cette actualité.

Brutalement, nous réalisons que la situation des plus fragiles d’entre nous reste très précaire. Sans la cantine, sans les activités de subsistance, sans l’ouverture des lieux associatifs, leur situation est complètement déstabilisée.

Brutalement la fracture numérique expose des milliers d’enfants au décrochage scolaire et les adultes à un isolement handicapant faute d’accès internet. Les logements indignes ou les violences intra-familiales nous alertent.

Brutalement, les entrepreneurs doivent affronter des difficultés inédites.

J’espère que l’on retiendra de cette étape l’agilité de beaucoup d’entre nous, notre capacité à changer et l’importance du lien entre nous et du bien commun. Je souhaite que l’on garde en partie nos habitudes vertueuses d’achat de proximité, de bienveillance, de mobilité piétonne… Je voudrais que nous parvenions à partager une approche plus durable de notre avenir…

Parole à