robert Vanovermeir: j’ai le sentiment que cette épreuve rend encore plus criantes les inégalités entre les habitants de la Métropole

robert Vanovermeir: j’ai le sentiment que cette épreuve rend encore plus criantes les inégalités entre les habitants de la Métropole


Robert Vanovermeir habite Villeneuve d'Ascq, retraité de l'éducation nationale, ancien élu municipal et communautaire, il est entré au Conseil de développement en 2018. ses centres d'intérêt sont l'urbanisme, la santé et l'éducation.

En ce temps de confinement, chacun essaye de penser à « l’après »… c’est légitime. Chacun doit peut-être aussi chercher à y penser sans a priori, et donc en osant remettre en question ses certitudes. Pas si facile. Je suis conscient du risque de « voir midi à sa/ma porte », et de trouver, dans l’épreuve que nous traversons, autant de raison … de persister dans nos/mes certitudes.

Pour ma part, en effet j’ai le sentiment que cette épreuve rend encore plus criantes les inégalités entre les habitants de la Métropole, comme de partout. Être confiné dans une maison avec jardin à quelques dizaines de mètres des champs, bien sûr que ce n’est pas pareil que l’être dans un appartement surpeuplé d’un quartier difficile. Et je n’ose penser à ce que vivent les « Roms » que j’ai rencontré deux fois par semaine cet hiver aux « Restos du cœur ».

Suivre le travail scolaire des enfants, ce n’est pas pareil pour … un enseignant que pour ceux qui sont loin de l’école. J’ai aussi le sentiment que cette crise remet en question la hiérarchie des tâches dans la société, et réhabilite ces « services publics » si facilement brocardés. On a pu fermer les écoles, mais il a bien fallu que les poubelles continuent d’être ramassées, et les transports en commun de fonctionner.

C’est un des paradoxes de ces moments si particuliers : alors que nous sommes plus isolés que jamais, jamais le « vivre ensemble » n’est apparu comme aussi nécessaire. Et jamais il n’est apparu plus indispensable que « l’après » soit construit par TOUS. Et cela concerne aussi notre Conseil de Développement.

Autre paradoxe : il semble évident que c’est à l’échelle de la Métropole que des mesures doivent être prises pour rendre cette période difficile moins insupportable, et « en même temps » c’est au niveau le plus près des habitants, du quartier, de la rue, de l’immeuble, du lotissement, entre voisins, que se mettent en place les solidarités de proximité les mieux adaptées.

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