Thierry Lefebvre: entre espoir et tristesse pour les petites entreprises en difficulté

Thierry Lefebvre: entre espoir et tristesse pour les petites entreprises en difficulté


Thierry Lefebvre a rejoint le Conseil de développement en 2018, Ancien chef d'entreprise, il travaille aujourd'hui dans une intercommunalité. Il a participé à de nombreux ateliers dont celui sur l'économie circulaire.

Je vis le confinement à Villeneuve d’Ascq dans le quartier de Flers Bourg et suis en télétravail pour la Communauté de Communes Pévèle Carembault pour laquelle je travaille depuis moins d’un an en tant que chargé de mission économie circulaire. C’est vrai que la « vue physique » me manque. Et que la visioconférence ne remplace pas. Ce n’est pas tant le toucher. Sans doute mon côté extraverti. En même temps mon côté introverti apprécie cette situation où l’on est isolé, protégé, en autonomie, avec moins de contraintes, avec soi-même, avec un temps différent, plus tourné vers soi. A titre personnel, le hasard, appelons cela comme ça, a voulu que je vive cette période chez moi au moment de la floraison de mon magnolia. Là où chaque année je me dis, nous nous disons, avec Sophie mon épouse, que l’on en profite pas, que ça passe trop vite, j’ai pu, nous avons pu, assister et contempler chaque heure de l’évolution de la pousse à la fanaison de ce magnolia. Au-delà profiter de ce jardin, de cet environnement privilégié de cette vaste maison, avec des hauts plafonds avec une pureté du ciel, ce qui nous semble comme une pureté de l’air ou une absence de pollution et de bruit, est un réel plaisir. Ce qui vient agrémenter ce cadre de vie ce sont les repas, la cuisine que je fais midi et soir et le vin que nous buvons quotidiennement.C commencer par le pain que je fais avec l’aide d’une machine à pain à base de farines d’un meunier de la Pévèle avec lequel j’ai noué des relations amicales. Je suis fier d’avoir un ami meunier. Dès lors j’en viens à la dimension professionnelle. Etant dans une équipe en charge du développement économique au sein d’une collectivité, et avec mon expérience d’entrepreneur, je vis très mal cette période. Je pense que c’est la période la plus difficile de mon expérience professionnelle de 30 ans. Être en relation quotidiennement avec des chefs d’entreprise tristes, indécis, désemparés, déprimés, inactifs influe sur mon humeur. Je n’étais pas préparé à cela et j’avoue, je confesse en cette période mon inexpérience et une empathie inadaptée. Je vois des jours sombres pour notre avenir économique et plus particulièrement celui de nos TPE. Certes j’entends aussi de belles histoires et de belles phrases comme « je découvre que ce sont mes équipes qui me portent » me dit l’un ou « nous avons su faire face à un surcroit d’activité représentant 4 fois le chiffre d’affaire d’un jour normal » me dit l’autre mais c’est une ambiance de déprime qui domine.

Parole à